AccueilLes six jours du fort de Troyon
Association "Ceux de Troyon" BP 32 55300 Saint Mihiel Tel: 07.89.84.64.08 ou 06 75 23 11 09
Le Capitaine Heym, héroique défenseur du fort est l'élément majeur de cette résistance, blessé le 10 septembre 1914, par des éclats de 305 Skoda. Soigné à Dijon, décoré de la légion d'honneur, il disparu le 27 mars 1915 tué a l'ennemi à Marcheville dans la Meuse.
LE FORT DE TROYON UNE PAGE D’HISTOIRE OUBLIEE Le Fort de Troyon fait partie du "rideau défensif des Hauts-de-Meuse" conçu par le Général Séré de Rivières, entre les places fortes de Toul et de Verdun. Comme ses proches voisins, les forts de Génicourt, des Paroches et du Camp des Romains, il avait pour mission de protéger la Vallée de La Meuse. Ce fort fut construit en moins de vingt mois, entre 1878 et 1879. Un millier d’ouvriers (manœuvres, charpentiers, tailleurs de pierre, maçons…) travaillèrent quotidiennement sur ce difficile chantier qui nécessita 160 000 m3 de terrassement et 40 000 m3 de maçonnerie. Entièrement construit en pierre de taille, recouvert de cinq à six mètres de terre, il couvre 5 hectares de bâti sur une emprise totale de 23 hectares. Son coût a été estimé à 2 millions de francs-or de l’époque, soit environ 50 millions d’Euros. Fort à batterie basse ou à massif central en site sec, il comporte dix-huit plates-formes d’artillerie lourde à ciel ouvert, épaulées à des abris-traverses, communiquant par la rue du rempart bas. Le centre est occupé par les logements et locaux casematés abritant la garnison et les services. Les fossés sont défendus à partir de trois caponnières, protégées par des fossés diamants (fossés bordant immédiatement les ouvrages). La gorge est occupée par une batterie casematée en arc de cercle dénommée « ravelin ». Il est dépourvu d’artillerie cuirassée. Considéré trop en arrière selon les nouveaux plans de combat offensifs de l’Etat-major français, le fort ne sera ni modernisé, ni bétonné. Partiellement déclassé et peu entretenu, c’est dans son état de maçonnerie d’origine, doté d’une garnison réduite et disposant d’un armement quasiment dépassé, qu’il subira les bombardements et les assauts des troupes allemandes. En septembre 1914, pendant la Bataille de la Marne, le Komprinz Impérial, commandant la Vème Armée allemande, a l’intention de franchir la Meuse au niveau du village de Lacroix-sur-Meuse, afin d’encercler la place-forte de Verdun et prendre à revers la 3ème Armée Française. Sur sa route, le Fort de Troyon, qu’il juge obsolète et pense faire tomber en 24 heures avec sa puissante artillerie lourde, notamment les mortiers de 305 austro-hongrois. Le 8 septembre 1914, vers 8h30, commence un bombardement massif qui durera cinq jours. Environ 3 000 obus s’abattirent sur le fort, dont 200 de gros calibres. Le 9 septembre au soir, deux assauts sont lancés par des éléments de la 10ème Division d’infanterie allemande, commandée par le Général von Strantz (47ème et 50ème régiments d’infanterie, 5ème Bataillon de pionniers et 20ème Régiment d’artillerie de campagne). Sous les ordres de l’énergique Capitaine Heym, organisateur de la défense, les 450 hommes de la garnison, appartenant au 166ème Régiment d’infanterie, au 5ème Régiment d’artillerie à pied et au 8ème Régiment du Génie, repoussent par deux fois les fantassins et mitrailleurs allemands qui compteront 600 hommes hors de combat. Avec des pertes de 4 tués et 41 blessés, la petite garnison du fort fit honneur à la devise des éléments du 5ème Régiment d’artillerie à pied affectés dans les forts Séré de Rivières : « S’ensevelir sous les ruines du fort plutôt que de se rendre ». Sauvant Verdun de l’encerclement et protégeant ainsi les arrières du flanc Est des troupes françaises, son héroïque résistance, souvent oubliée, participa donc pour une grande part à la victoire de la Bataille de la Marne. Suite à cette victoire française, von Strantz lève le siège du fort le 13 septembre. Ce n’est qu’un répit de courte durée. Pendant l’offensive allemande sur Saint-Mihiel, du 22 au 27 septembre, l’artillerie allemande se déchaîne une nouvelle fois sur la fortification déjà bien affaiblie, lui occasionnant d’importantes destructions. Le 23 septembre, frappée par deux obus de 305 juxtaposés, la voûte de la poudrière Nord s’effondre, provoquant la mort de 28 hommes. Après ces épisodes glorieux de septembre 1914, le fort demeura en première ligne face aux troupes allemandes durant toute la durée de la guerre et sera régulièrement bombardé, plutôt à titre préventif car elles ne cherchèrent plus à le capturer. En 1918, le fort servit de centre de tri pour les blessés américains lors de la reprise du "Saillant de Saint-Mihiel" et de la Butte du Montsec. Plus de 800 d’entre eux y décédèrent des suites de leurs blessures. Tombé dans l’oubli pendant de nombreuses décennies, le fort de Troyon est maintenant entretenu par une poignée de bénévoles de l’association « Ceux de Troyon », association de sauvegarde du patrimoine historique, afin que les générations futures n’oublient pas le sacrifice de leurs ainés. Association « CEUX DE TROYON » BP 32 55300 ST MIHIEL Secrétariat : ☎ 07.89.84.64.08 ou 06 75 23 11 09 Courriel : fort-de-troyon@orange.fr
Du 8 au 13 septembre 1914 la garnison, composée de la 15ème Cie du 166 ème R.i et de la 32 ème Batterie du 5 ème R.A.P, d'éléments du 8 ème Génie, au total 451 hommes, résista aux attaques allemandes évitant ainsi l'encerclement de Verdun par le sud.